Étape 2 : Analyse

 

Au cours de vos recherches, vous serez naturellement amené à analyser les arguments de différents auteurs. Contrairement aux lectures habituelles, dans le monde académique les auteurs doivent présenter des données et les articuler dans un raisonnement nuancé afin de convaincre leurs pairs de la validité de leurs idées. Pour entrer dans ''l'arène des gladiateurs'', vous devez comprendre les principes de l'argumentation. Aussi bien l'analyse d'une argumentation que l'émergence de vos propres idées nécessiteront une réflexion approfondie.

Identifier l’argument

Un argument se compose de deux éléments principaux : une affirmation, et les raisons de cette affirmation. Ni une affirmation sans raison, ni des raisons sans une affirmation ne constituent un argument. Ce n'est que lorsqu'on avance des raisons précises pour formuler une affirmation que l'on obtient un "argument."

Lors de l'analyse d'un argument de n'importe quel texte, ou de la création d'un argument personnel, il faut toujours identifier l'affirmation principale et les raisons qui sont avancées.
Pour vous faciliter la tâche, vous pouvez illustrer un argument ainsi ​​:

    Affirmation : ________________________

        Raison 1 : ________________________
        Raison 2 : ________________________
        Raison 3 : ________________________

Évaluer l’argument

Une fois que vous avez clairement identifié l'argument, il vous faut évaluer le raisonnement. Posez-vous les questions suivantes pour vous aider à repérer les faiblesses de logique :

1. Une autre explication est-elle possible ? Une autre explication est une autre raison pour la même affirmation. Explorer les autres explications ou motifs pour une affirmation est un excellent moyen de révéler les faiblesses dans la logique de l'auteur.

Exemple : ''Le professeur était en retard parce que sa classe ne l'intéresse absolument pas."
Une autre raison qui expliquerait le retard du professeur pourrait être qu'il a été impliqué dans un accident de voiture.

2 . La preuve présentée est-elle suffisante ? La preuve vient appuyer l'affirmation. Elle peut s'agir un fait, une statistique, une citation provenant d'une source acceptée comme autorité, une étude, une observation, une expérience, un résultat de la recherche, ou peut prendre encore d'autres formes.

Exemple : ''Son grand-père était en retard parce qu'il a la maladie d'Alzheimer, et selon l'Association Médicale Française, les patients atteints d'Alzheimer oublient souvent qui ils sont et où ils sont.''
L'auteur a donné une preuve à son raisonnement sous la forme d'un résultat de la recherche.

3. Sur quelles hypothèses les raisons reposent-elles ? Une hypothèse est ce que l'on prend pour acquis, mais qui peut en fait ne pas être vrai. Tous les arguments reposent sur certaines hypothèses communément acceptées. Cette base commune permet à deux personnes de dialoguer en premier lieu. Ces hypothèses, parce qu'elles sont basées sur des idées sans fondement, sont une cible de choix pour attaquer un argument.

Exemple : ''Le professeur était en retard en cours parce qu'il donnait d'abord cours de l'autre côté de campus.''
L'hypothèse sous-jacente est que cela prend beaucoup de temps pour traverser le campus. Si le professeur marchait au même pas que celui qui présente l'argument, l'hypothèse serait alors une hypothèse partagée. Il se peut toutefois qu'il marche beaucoup plus rapidement que supposé et que son retard s'explique autrement.

4. L'auteur commet-il des erreurs de logique ? Un raisonnement peut être émaillé d'erreurs de logique. Connaître les erreurs les plus courantes vous aidera à les détecter. Bien qu'il existe probablement au moins une centaine d'erreurs de logique, les six suivantes sont les plus courantes :

Généralisation hâtive : principe suivant lequel l'affirmation de quelques exemples suffit à rendre l'allégation vraie dans tous les cas possibles.
Exemple : les femmes ne savent pas conduire ou les hommes laissent traîner leurs affaires.

Erreur de causalité : attribuer la mauvaise cause à un effet
Exemple : les chevaux sont nerveux parce que le temps est orageux.
Peut-être n'ont-ils pas été nourris.

Erreur d'autorité : considérer une affirmation vraie simplement parce que quelqu'un l'a dite.
Exemple : John Grisham, un expert en droit, a affirmé que le droit est un domaine qui nécessite forcément une bonne mémoire.
Peut-être ce que John Grisham dit n'est pas vrai. Il n'a apporté aucune preuve à son affirmation et il est plus un auteur populaire qu'un avocat.

Exagération : Exagérer les conséquences.
Exemple : Les étudiants qui arrivent en retard finiront par avoir une mauvaise note. Ils n'auront pas leur diplôme, connaîtront le chômage et finiront par vivre une vie misérable.

Raisonnement hâtif : la conclusion/affirmation ne découle pas des raisons invoquées.
Exemple : Certaines voitures roulent très vite sur des routes où des piétons se déplacent. Par conséquent, il faudrait interdire aux piétons de marcher sur ces routes.
Il ne découle pas de la raison invoquée qu'il faille interdire les piétons plutôt que de punir les automobilistes.

Extrémisme : limiter les options à deux extrêmes alors que d'autres options existent.
Exemple : Le professeur n'est pas venu aujourd'hui, soit il était malade soit il n'avait pas envie de venir.
Peut-être une inondation s'est produite dans son appartement.